Stéphane Morvan

 

Pourriez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours de formation ? Quel est votre parcours professionnel ?

J’ai fait tout mon parcours universitaire à la Faculté Jean Monnet de Sceaux, du DEUG à la Maitrise. J’ai eu la chance d’avoir d’excellents professeurs comme Monsieur Patrick DIBOUT. Sceaux m’a offert une formation de très bon niveau. J’ai démarré par le DEUG qui était une formation en tronc commun, je me suis spécialisé en fiscalité puis j’ai terminé par le DESS Fiscalité Internationale en partenariat avec l’Université Paris XI et HEC.
A l’époque l’admission au DESS Fiscalité Internationale était très sélective et je constate que les classements des Master 2 en fiscalité continue de la placer en tête. Je garde des liens étroits avec cette formation (maintenant à Paris II) à travers des interventions et en prenant des apprentis.
Dans le cadre de mon DESS, j’ai fait un stage chez dans le cabinet d’avocat Coopers & Lybrand (aujourd’hui PWC) au sein d’une équipe d’avocats fiscalistes spécialisés en Corporate Finance ce qui a confirmé mon goût pour la fiscalité internationale.
Après ce stage, j’ai été embauché chez Spie Batignolles qui est une société de travaux publics dont le slogan à l’époque était « notre chantier le monde ». J’y ai passé 5 années, c’était très opérationnel et les jeunes recrues étaient très vite responsabilisées. Encore en période d’essai, on m’avait confié la fiscalité de deux chantiers qui débutaient à Londres et à Singapour. Ces responsabilités, cette proximité avec les décideurs et opérationnels m’ont incité à rester dans le monde de l’entreprise.
Je suis rentré chez L’OREAL il y a 18 ans comme fiscaliste. Désormais, je suis Directeur Fiscal des zones géographiques Asie Pacifique, Amérique Latine, Afrique et Moyen-Orient. Mon rôle est de conseiller, sécuriser, coordonner et animer les organisations, projets et transactions de l’Entreprise. J’ai une équipe de 10 personnes pour réaliser mes missions auprès de la Direction générale, des Directeurs financiers et de différentes fonctions (Opération, Recherche, Marketing…) en France et à l’étranger.

Parlez-nous de la fiscalité et du métier de fiscaliste.

Les fiscalités françaises et internationales sont très évolutives cela suppose d’actualiser constamment ses connaissances. Le métier de fiscaliste nécessite de comprendre la complexité de l’environnement économique de son entreprise et des législations en vigueur pour proposer des solutions adaptées.
Travailler en entreprise ne se limite pas à conseiller il y a également le « service après-vente ». Lorsque vous rédigez une note de position il faut être conscient que s’il y a un problème c’est aussi à vous de défendre le dossier 2-3 ans après, en quelque sorte « eat what you cook » !
Depuis 2014, je suis Président du Groupement d’Expérience en Fiscalité Internationale, le GEXFI crée en 1978 et qui rassemble 25 directeurs fiscaux de groupes Français et du CAC 40. Nous nous réunissons plusieurs fois par an pour échanger entre experts sur les problématiques et les tendances fiscales Françaises et internationales.
Je suis également membre de l’International Fiscal Association (IFA) qui regroupe les professionnels de la fiscalité de 67 pays avec des universitaires, avocats, administrations fiscales, juristes et même des étudiants.

Le GEXFI ou l’IFA ont une dimension networking forte, le réseau professionnel est-il important ?

Le réseau professionnel permet en premier lieu de partager des « best practices » entre praticiens.
Le réseau peut aider à trouver un/e stagiaire, une/e collaborateur/trice. Réciproquement, il m’arrive fréquemment de recommander des personnes passées par mon service.
Les liens entre l’Université et l’Entreprise se développent, les Directeurs de Master II souhaitent confronter leurs étudiants au monde de l’entreprise. C’est une bonne chose et je réponds toujours présent.
J’appartiens au réseau des diplômés de mon Master 2 que des étudiants ont créé il y a 4 ou 5 ans. En recherchant les alumni, ils sont tombés sur mon profil, j’ai rejoint le groupe avec plaisir. On va se retrouver d’ailleurs en juin prochain pour une soirée à la Maison de l’Amérique Latine à Paris.

Vous avez été enseignant vacataire à la Faculté Jean Monnet, qu’est-ce que cela fait de passer de l’autre côté de l’estrade ?

Quand je suis rentré chez L’OREAL, les Professeurs Paclot et Amesdée-Manesme m’ont proposé d’intervenir en tant que praticien du Droit international dans le « DESS Juriste d’Affaires » en matière de fiscalité internationale. J’étais vraiment très honoré. Pour moi c’était l’occasion de rendre à la Faculté ce qu’elle m’avait donné. Enseigner, transmettre un savoir est un vrai plaisir. Et puis c’est un peu un fantasme d’étudiant que de devenir un jour professeur.
Les échanges avec les étudiants sont mutuellement enrichissants. J’ai organisé dernièrement en tant que maitre de stage et avec le directeur du Master 2 un « tax business game » enfin un « cas pratique » comme on aurait dit avant. Je propose aux étudiants une mise en situation professionnelle avec un problème de fiscalité à résoudre et ils doivent me fournir une réponse comme de véritables professionnels avec une restitution écrite puis orale. La note porte sur la qualité de la réponse, la technicité, les présentations écrite et orale. Le talent des étudiants est toujours au rendez-vous !

Vous travaillez chez L’OREAL, quel shampoing utilisez-vous pour avoir de si beaux cheveux ?

(Rires) J’utilise un shampoing L’OREAL en effet ! J’aime beaucoup les shampoings pour homme de chez Elseve et Kérastase. J’ai la chance de travailler dans un groupe très dynamique avec de très belles marques très diverses, je pense à Lancôme, Vichy, La Roche-Posay, Biotherm ou encore Garnier. Pour vous dire la vérité : j’utilise un shampoing de chez L’OREAL, des crèmes de chez L’OREAL, un gel douche de chez L’OREAL… Tous les produits de ma salle de bain viennent de chez L’OREAL en fait !

Vous êtes ceinture noire de karaté, il ne faut pas vous embêter dans la rue ?

Le karaté est avant tout une maitrise de soi ! Je pratique le karaté depuis que j’ai 14 ans, aujourd’hui je m’entraîne au SIK (Sporting International Karaté) à Paris en essayant d’être régulier. Mon travail est très prenant, j’ai besoin d’un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie privée et je dois dire que le karaté m’apporte beaucoup.

Pour finir, quel est votre pire souvenir de l’Université Paris-Sud ?

Mon pire souvenir je m’en souviens comme si c’était hier car en deuxième année, j’avais dû repasser une épreuve de droit administratif car le sujet avait été communiqué par erreur quelques jours avant sur un panneau d’affichage ! Deux jours plus tard, au début d’un partiel de Droit Civil j’avais appris cela, j’étais démoralisé mais il fallait rester focus.

Et votre meilleur souvenir ?

J’ai adoré mon année de licence, je me suis fait de vrais amis avec qui je suis toujours en contact. C’était une année à part car lors de la première et de la deuxième année, il y avait une grande sélection et ensuite en quatrième et cinquième année il y avait pas mal de compétition. La licence donc la troisième année, était une année de répit, un moment à part.

 

 


Interview de Sabine Ferrier,
Chargée du réseau des diplômés de l’Université Paris-Sud,
Direction de l’orientation professionnelles et des relations entreprises.