Grace Mehrabe

 

Racontez-nous votre parcours professionnel mais surtout dites-nous en plus sur Hyperlex votre nouvelle aventure professionnelle !

Je suis diplômée d’une licence Gestion des Entreprises de la Faculté Jean Monnet ainsi que d’un Master Stratégie et Management à l’international de l’Université Paris-Saclay, également obtenu à la Faculté Jean Monnet et à chaque fois en tant que major de promotion.
Alors encore étudiante, j’ai co-créé la startup LEMON LEARNING avec une autre personne. J’y suis restée 3 ans en tant que COO, avec l’ambition de proposer une nouvelle modalité de formation aux entreprises, en permettant à leurs collaborateurs d’apprendre à utiliser facilement les logiciels informatiques mis à leur disposition. Nous nous sommes lancés en autofinancement, ce qui nous a amené à beaucoup travailler avant de pouvoir signer nos premiers clients grands comptes, environ un an après le démarrage. Nous avons ensuite progressivement développé le chiffre d’affaires et embauché jusqu’à une quinzaine de personnes.

Entre temps, j’ai fini mes études en complétant mon parcours par un Mastère Spécialisé à l’ESCP, et ai depuis rejoint un nouveau projet, la LEGALTECH HYPERLEX, où je suis aujourd’hui directrice des opérations. L’une de mes missions principales est de faire le lien entre les équipes produit et les clients. HYPERLEX est une plateforme d’intelligence artificielle qui centralise, analyse et aide à gérer simplement l’ensemble des contrats d’une entreprise. Elle permet notamment, grâce à des algorithmes de machine learning, d’identifier les éléments clés des documents juridiques à suivre pour maîtriser ses risques. Concrètement et pour vous donner un exemple, la plateforme est capable de vous alerter sur les prochaines échéances de vos contrats, pour vous permettre de rester à jour de vos engagements, ou encore de vous dire lorsqu’une clause potentiellement à risque, et donc à contrôler, est présente dans l’un de vos contrats.

Racontez-nous votre présence sur le salon VivaTechnology ?

J’ai eu en effet la chance d’être présente sur le Salon Viva Technology avec la start-up HYPERLEX. Nous avons bénéficié d’un stand aux côtés d’EDF grâce à notre sélection pour le Prix EDF Pulse dans la catégorie « Smart Business ». Depuis 2014, ce concours donne un coup d’accélérateur aux start-up françaises et européennes qui proposent des solutions technologiques innovantes. Nous étions aussi présents sur le stand du cabinet d’avocats AUGUST DEBOUZY en tant que membres du programme « Start you up », programme d’accompagnement juridique dédié aux start-ups de la tech et de l’innovation du cabinet.

Ce salon est un bel évènement qui permet de rencontrer de très nombreux acteurs, et c’est aussi un vrai lieu de rendez-vous pour connecter start-up et grands groupes, dont on sait que les cultures organisationnelles diffèrent fortement : la manière de travailler, la taille des équipes, le timing et les échéances ne sont pas les mêmes. Et puis, pour une start-up qui s’adresse à un grand groupe, il est parfois difficile de parler au bon interlocuteur. Ce salon a été l’opportunité pour moi d’échanger avec des directions achats, juridiques mais aussi innovation et systèmes d’information de grands groupes.

Avec vos premières expériences de startuppeuse, que retenez-vous de votre parcours au sein de la Faculté Jean Monnet ?

En lançant une startup avant même d’être diplômée, je crois que je fais partie des étudiants qui ont confirmé la tendance selon laquelle on peut aujourd’hui tout à fait sortir de l’université et entreprendre. J’ai eu la chance d’avoir de très bons enseignants, avec des cours à forte valeur ajoutée, comme en gestion financière ou organisationnelle par exemple. Par ailleurs, j’ai pu suivre ma dernière année de Licence et ma 1ère année de Master en enseignement à distance, qui m’a permis de concilier ma vie professionnelle et ma vie étudiante. Cela n’a pas toujours été évident de mener de front les deux, mais je n’ai aucun regret bien au contraire ! J’ai fait partie des précurseurs. Nous avons ouvert la voie à des enseignements et un accompagnement spécifique de l’Université Paris-Sud. Aujourd’hui il y a un statut étudiant-entrepreneur et même un diplôme – le D2E – avec un programme de formation qui offre un bagage de départ pour l’aventure entrepreneuriale.

D’ailleurs, pour permettre au plus grand nombre de se lancer, j’ai également rejoint il y a quelques années Start in Saclay, qui est une association dont la vocation est de favoriser la rencontre entre les étudiants, jeunes diplômés et chercheurs issus des différents établissements du Plateau de Saclay et souhaitant entreprendre, et de les mettre en relation avec les acteurs de l’écosystème : accompagnateurs, incubateurs, fonds d’investissements... La raison d’être de l’association est de favoriser les rencontres par le biais d’événements, ce n’est donc pas une structure d’accompagnement en tant que tel mais davantage un réseau créateur de lien et d’entraide. Nous proposons des évènements spécifiques régulièrement, comme le Startup Week-end Saclay : 72h pour créer un projet, le temps d’un weekend. La moitié des personnes viennent avec un projet et l’autre moitié avec l’idée d’en rejoindre un. J’encourage donc tous les curieux à profiter de ces évènements pour découvrir l’écosystème entrepreneurial et, s’ils ont des idées de projets, à venir les challenger !

 

Vous parlez de « rencontres », le réseau professionnel est-il important dans une carrière professionnelle notamment lors des débuts ?

Oui, le réseau professionnel est important. Il faut prendre le temps de rencontrer les gens et garder le contact avec eux. C’est aussi l’intérêt d’un salon comme Viva Technology. Dès la vie étudiante avec les contacts gardés avec ses anciens camarades de promo et professeurs, c’est quelque chose qui se construit tout au long de la vie professionnelle, que l’on ait la chance de naître dans un milieu favorisé ou non. De mon côté l’association Start in Saclay m’a également aidée à rencontrer des personnes que je revois régulièrement. Enfin, vous évoquiez la création du réseau alumni de l’Université Paris-Sud : c’est bien sûr une très bonne nouvelle et une initiative à encourager.

 

 


Interview de Sabine Ferrier,
Chargée du réseau des diplômés de l’Université Paris-Sud,
Direction de l’orientation professionnelles et des relations entreprises.